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REQUIEM POUR UN SKATEPARK  

 [APPEL À INVESTISSEURS ET MÉCÈNES]

Nous ne voulions pas écrire une énième fois que le skate et les autres pratiques de glisse souffrent par chez nous d'un manque de reconnaissance, tant au niveau  des infrastructures, que de la place accordée à ses acteurs. Mais nous y voilà à nouveau obligé. À Thionville, le skatepark du Bastion vit ses derniers instants. 

Il s'apprête à être rayé de la carte pour laisser la place à une voie de bus. Certes, la ville ne disposait pas là d'une infrastructure débordante en la matière, et c'est le moins qu'on puisse dire au regard de l'espace et de la vétusté des modules ravagés de trous, presque aussi remarquables que les tranchés à Verdun après 1917. Toute personne sérieuse en conviendra, avoir déplacé le skatepark avec la construction du tiers-lieu Puzzle pour arriver à un résultat pareil, en plus de marquer la fin d'une époque, a annihilé toute forme d'espoir pour l'avenir du skate à Thionville.

Après ça, la fermeture en 2016 du Zone Libre, le skateshop local, était inéluctable. Seul sursaut d'espoir à l'horizon, la création de l'association Rawdogs, pour promouvoir les arts, sports et cultures urbaines dans la région, à commencer par le skate.

Nous n'allons pas réécrire cette histoire, la vérité c'est qu'aujourd'hui la situation ne s'est pas améliorée, pire, elle apparaît dégradée comme jamais. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé de se faire entendre, et de plaider la cause.

En début d'année, nous lancions avec Rawdogs un sondage en ligne, autour de cette question : « quels modules pour les futurs skatepark intérieur et extérieur à Thionville ? »

Nous avons obtenu près de 150 réponses permettant d'affirmer à quoi pourrait ressembler la base d'un vrai projet de skatepark pour et par les pratiquants.

Pourquoi est-ce important ?

D'abord, il nous paraît inconcevable de cautionner un quelconque projet au rabais, les riders ne sont pas d'infectes fauteurs de trouble à l'ordre public, promoteur du calvaire des riverains, ils sont en grande majorité à Thionville des adolescents de 12 à 18 ans. Ensuite, si dans la tête de pas mal de gens un skatepark même médiocre vaut toujours mieux que pas de skatepark du tout, rappelons là que l'essence du skate c'est la rue et l'appropriation de l'espace urbain comme aire de jeu et de plaisir, les skateurs n'ont pas attendu les parks pour développer leur pratique, et même si on est les premiers à défendre le skate de rue, un bon skatepark filerait quand même un sérieux coup de pouce à la scène pour se développer. Enfin, nous semble t-il, il y a matière à réenchanter la ville et changer une image de cité dortoir banlieue maudite du Luxembourg avec la création d'un lieu libre et vivant dans lequel la jeunesse pourrait se retrouver, pratiquer, échanger, transmettre et créer.

Comme depuis le début, fidèles à nos valeurs, nous allons arrêter d'attendre un geste des décideurs et nous allons continuer de s'organiser par nous-même. C'est peut être ce qu'on a de mieux à faire, mais si tout de même quelqu'un est prêt à nous étonner en nous filant un local pour y faire un vivre un vrai lieu de vie destiné au skate aux cultures urbaines et à l'underground en général, un lieu ou l'on croit en la jeunesse et à d'autres possibles, un lieu en fin de compte où le mot culture sera vecteur d'émancipation, parole de chien cru, vous ne le regretterez-pas.

Mick